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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 14:05

image-ecole-grandsLes 12 clés de la réussite scolaire

 

 

 

Quand il s’agit de la scolarité de leur enfant, les parents naviguent souvent entre deux extrêmes : le laisser-faire ou le "trop en faire". Comment favoriser à la fois réussite et épanouissement ? Des spécialistes nous aident à trouver la juste dose.

 


Favoriser son désir d’apprendre

 

 

Dès son plus jeune âge, l’enfant exprime le désir d’apprendre : le bébé explore son corps, puis saisit les objets qui l’entourent. Le premier rôle des parents : favoriser cette curiosité naturelle. Cela commence très tôt, dans un jeu relationnel que Donald W. Winnicott, pédiatre et psychanalyste britannique, a appelé "object presenting" : on présente les objets au bébé accompagnés de mots et de sourires, puis on le laisse les attraper.

 

Plus tard, il s’agit, par exemple, de l’intéresser à la culture au cours de voyages ou par des visites de musées… L’enfant doit rester acteur, et le parent, celui qui le soutient dans son évolution.


Ne pas jouer au professeur

 

 

Durant les années de maternelle et primaire, la distinction entre parent et instituteur est quasi inexistante : ils lisent des livres à l’enfant, lui apprennent à compter, l’encouragent à dessiner… Mais il est impératif qu’au fur et à mesure qu’il grandit, ces rôles se distinguent. Il ne s’agit pas de s’interdire de l’instruire, mais d’éviter de transformer toute sortie en excursion pédagogique. Car à trop solliciter son enfant, on risque de le dégoûter définitivement de toute forme d’apprentissage. Et puis, dans la relation parent-enfant, les enjeux affectifs sont bien trop importants ; le parent ne peut s’empêcher de projeter sur son fils ou sa fille ses propres ambitions et/ou son propre parcours scolaire. L’enfant risque d’être pris dans des conflits de « loyauté » envers son parent et son enseignant.


S’intéresser à sa scolarité

 

 

 

Pour un enfant, s’intéresser à sa scolarité, c’est s’intéresser à lui. Mais sa vie scolaire ne se résume pas à son carnet de notes. A travers l’école s’offre l’occasion d’évoquer avec lui ses amis, ses professeurs, ses activités, ses difficultés, ses rêves de métier… Tout ce dont il n’a pas la possibilité de parler dans le cadre de l’école.

 


Comprendre ses spécificités

 

 

A travers ces discussions, le parent parvient à cerner les goûts, faiblesses et forces de son enfant. C’est-à-dire, de le reconnaître tel qu’il est et non tel que l’on croit qu’il est ou tel que l’on voudrait qu’il soit. On évitera ainsi de projeter sur lui ses propres désirs et de confondre son propre parcours scolaire avec le sien.

 


Fixer avec lui des objectifs concrets

 

 

La réussite scolaire de l’enfant fait partie d’un « contrat » passé entre lui et ses parents, qui repose sur des objectifs précis et accessibles. C’est, par exemple, finir tel travail à telle heure ; savoir faire un plan de rédaction avant le prochain contrôle ; progresser dans telle matière avant la fin du trimestre… Des échéances que chacune des deux parties doit respecter : pour aider l’enfant à apprendre à gérer son temps ; et pour assurer un suivi constructif et motivant de son travail.


Donner un sens aux études

 

 

Pour se motiver et se responsabiliser, l’enfant doit comprendre qu’il ne travaille pas pour ses parents, mais pour lui, afin d’atteindre un but personnel. Aussi doit-il pouvoir faire le lien entre son présent d’élève et son avenir d’adulte et ce, en ayant très tôt à l’esprit un projet, sinon un rêve, de carrière. « Tu veux être vétérinaire ? Les sciences sont très importantes », « Grand reporter ? L’apprentissage des langues va t’y aider »… Il ne s’agit pas de l’enfermer dans un projet intangible, mais de l’aider à donner un « sens » aux efforts que l’école lui demande de fournir

Lui apprendre à gérer son temps

 

 

Trop d’enfants perdent pied lorsqu’ils se sont habitués à travailler irrégulièrement. Il faut donc très tôt leur donner un rythme de travail. Quand l’enfant, après son retour de l’école, se sent-il le plus reposé pour faire son travail ? On fixera une heure précise, en prenant en compte ses goûts et les contraintes familiales. Ainsi l’enfant habitué dès le primaire à lire chaque jour après le goûter, aura-t-il moins de difficulté à consacrer régulièrement de plus en plus de temps à son travail scolaire.


Lui offrir un cadre propice au travail

 

 

 

C’est à l’enfant de choisir : dans la cuisine, dans sa chambre, entouré de toute la famille… Certains enfants ont, plus que d’autres, besoin de se sentir soutenus par la présence de leurs parents. Mais en général, plus l’enfant grandit, plus il a besoin de solitude pour faire ses devoirs. La bonne attitude consiste alors à soutenir cette prise d’autonomie : ne pas l’« espionner » pour s’assurer qu’il travaille, mais faire preuve de confiance, tout en se montrant disponible pour répondre à ses questions et attentif au suivi de son parcours scolaire

Contrôler plutôt que juger

 

 

 

Dans tous les cas, l’enfant doit faire ses devoirs seul. En les faisant « à sa place », on lui fait perdre toute confiance en ses capacités à progresser. Et on le déresponsabilise en l’empêchant de vivre les conséquences de ses erreurs. Le parent intervient ensuite à la demande de l’enfant, pour vérifier le travail fini. Ce contrôle est l’occasion de situer les faiblesses de l’élève, et surtout de se montrer témoin de ses efforts. Pas de jugement de valeur, donc, les notes reçues en classe suffisent. A éviter, aussi, les réflexions du genre : « Tu n’as rien compris », « Tu aurais pu faire mieux »… Aux "tu" qui enferment, préférer des remarques objectives qui l’encouragent à se corriger. Par exemple, plutôt que : « Tu t’es trompé trois fois », dire : « Il y a trois erreurs. » Et, surtout, ne pas oublier de le féliciter pour tout ce qu’il a réussi


Reconnaître ses points forts

 

 

 

Trop de parents focalisent sur les mauvais résultats de l’enfant, oubliant de reconnaître ses points forts. Langues, arts plastiques, géographie, sport, aucune matière n’est à dénigrer. On pourra ensuite partir des domaines dans lesquels il réussit pour l’entraîner vers ceux qui lui posent problème : son goût pour les arts plastiques est l’occasion de l’intéresser à l’histoire ; ses performances sportives de parler force, temps, distance, et de lui démontrer l’utilité des math

Comprendre plutôt que s’inquiéter

 

 

 

Où a-t-il eu du mal ? Qu’est-ce qu’il n’a pas compris ? Comment faire pour ne pas renouveler ces erreurs ? S’il n’y a pas lieu de s’alarmer à la vue d’une seule mauvaise note, il est bon d’en cerner clairement et immédiatement les causes avec l’enfant et, si nécessaire, avec l’enseignant. Car à laisser traîner les choses, on risque de sombrer dans une dramatisation excessive du problème, entre « acharnement » sur l’enfant et désengagement (« Il n’y a rien à faire », « De toute façon, il est nul en maths »). Deux attitudes très démotivantes pour l’enfant

Donner l’exemple

 

 

 

Pourquoi l’enfant devrait-il faire ses devoirs après l’école si ses parents regardent la télévision après leur travail ? Pourquoi voudrait-il fournir des efforts s’il entend ses parents parler de leur travail en termes négatifs ? Pourquoi devrait-il lire quand ses parents ne le font pas ? Il est essentiel d’être cohérent entre ce que l’on exige de l’enfant et ce qu’on lui donne à voir. Bien l’accompagner dans sa scolarité, c’est d’abord être un modèle pour lui, au quotidien.

 


L'avis de l'expert : Brigitte Prot

 

 

A quoi repère-t-on un enfant démotivé ?
Brigitte Prot : D’abord, à son comportement dans le groupe, en classe, à l’école, en famille. Il donne l’impression de ne pas participer au projet collectif et n’arrive pas à prendre sa place. Concrètement, ce sont des retards répétés, des absences, le matériel oublié, attitudes qui le rendent dépendant des autres. Ensuite, son comportement vis-à-vis de lui-même. Il n’a pas une attitude active "pour lui" mais "contre lui" : il se dévalorise, ne se projette pas dans l’avenir proche… Enfin, son attitude destructive ou de fuite face au travail et aux résultats. C’est la copie blanche, le travail bâclé, le découragement, l’incapacité à se mettre au travail, les discours négatifs ou désinvoltes sur l’école. Et, toujours, l’enfant démotivé donne l’impression de ne pas contrôler sa situation mais de la subir.

 

Quand et comment réagir ?
Brigitte Prot : Ne jamais laisser ces signes s’installer dans le temps, c’est-à-dire, selon moi, sur plus de quinze jours. Au-delà, il ne s’agit pas de dramatiser, mais d’en parler avec l’enfant, pour lui prouver que l’on "voit" ses difficultés et que l’on est prêt à en chercher ensemble les moyens d’y répondre.

 

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